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[Article mis à jour le 14 mai 2021 à 10h00] Bye bye la Suisse. L’association Diem (ex-Libra), qui est derrière le très médiatique projet de cryptomonnaie, quitte le pays helvète pour les Etats-Unis. Cette décision est liée à l’annonce d’un partenariat entre l’association et Silvergate Bank, qui deviendra l’émetteur exclusif du stablecoin Diem USD et gèrera la réserve de la monnaie digitale. “Silvergate est un leader de l’innovation financière et un partenaire idéal pour Diem alors que nous avançons sur notre système de paiement basé sur la blockchain qui protègera les consommateurs et renforcera l’intégrité du système financier”, a déclaré Stuart Levey, directeur général de Diem. Par conséquent, Diem retire sa demande de licence de système de paiement auprès de l’Autorité suisse des marchés financiers (FINMA) et compte s’enregistrer en tant qu’entreprise de services monétaires auprès du Financial Crimes Enforcement Network du ministère américain des finances. A noter que Silvergate est une banque agréée par l’Etat de Californie et membre de la Réserve fédérale.  

Qu’est-ce que la libra ?

Le diem (ex-libra) est le nom donné à la future cryptomonnaie initiée par Facebook.  “La mission de Libra est de développer une devise et une infrastructure financière mondiales simples, au service de milliards de personnes”, résume le livre blanc du projet, qui a été révélé le 18 juin 2019. 

Le diem sera un stable coin, c’est-à-dire une crypto-monnaie stable. Par exemple, si le prix du bitcoin est à 10 000 dollars et que vous échangez 1 bitcoin contre du diem, vous aurez donc 10 000 unités de diem. Si le cours du bitcoin descend à 5 000 dollars, vous aurez toujours 10 000 dollars en diem. En plus d’être stable, la crypto de Facebook sera échangée de façon instantanée puisqu’elle n’aura pas besoin de passer par le réseau bancaire. Ce stablecoin sera adossé sur le dollar alors qu’initialement il devait y avoir plusieurs diems : un diemUSD, un diemEUR, un diemGBP et un diemSGD. Mais la fronde des régulateurs ont drastiquement réduit le projet. 

Les différents diems pourront être échangés entre les internautes comme il est aujourd’hui possible de se faire des transferts d’argent de pair à pair via des applications comme Lydia, Pumpkin ou PayPal. Pour ce faire, il sera possible de s’échanger des diems via une application créée par Facebook : Calibra. Il s’agit en fait d’un wallet qui permettra d’acheter, vendre et stocker la crypto de Facebook. Enfin, il sera également via les plateformes de Facebook, WhatsApp et Messenger. Au total, plus de 2,7 milliards de personnes utilisent chaque mois au moins une plateforme de l’écosystème du groupe (Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp). Le diem servira aussi à régler des achats chez les commerçants partenaires. Pour l’heure, on peut notamment compter Uber, Spotify, Lyft et Iliad. Concernant les frais de transactions, il y a de grandes chances pour qu’ils soient faibles. “Les intérêts perçus sur les actifs de la réserve serviront à couvrir les coûts du système, à garantir des frais de transaction minimes, à verser des dividendes aux investisseurs qui ont fourni des capitaux pour lancer l’écosystème, et à soutenir sa croissance et son adoption sur le long terme”, précise le le livre blanc. 

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Sortie de la libra 

Le diem devrait courant 2021, en même temps que le wallet de Facebook, Calibra.  Son lancement est tenu à l’approbation du Financial Crimes Enforcement Network du ministère américain des finances qui devra valider son agrément d’entreprise de services monétaires. A l’origine, l’association derrière cette monnaie virtuelle avait prévu une sortie début 2020.  

Cours de la libra 

Le cours du diem (ex-libra) n’est pas disponible car la crypto-monnaie n’est pas encore lancée. Si vous trouvez des sites qui vendent des libras ou diems, il ne faut en aucun en acheter, il s’agit forcément d’arnaques. 

La blockchain Libra

La cryptomonnaie diem repose sur une blockchain “de permission”, ce qui signifie que l’accès au protocole doit être validé, contrairement au bitcoin, une blockchain publique, ouverte à tous. Facebook souhaite que la blockchain soit sans permission à terme mais que ce n’est pas possible car “il n’existe actuellement pas de solution éprouvée capable d’offrir l’ampleur, la stabilité et la sécurité nécessaires pour prendre en charge des milliards de personnes et de transactions à travers le monde dans le cadre d’un réseau sans permission”, est-il écrit dans le document de présentation de juin 2019. Dans celui d’avril 2020, voici ce qu’on pouvait y lire : “Nous pensons qu’il est possible de reproduire les principales propriétés économiques d’un système sans autorisation grâce à un marché ouvert, transparent et concurrentiel tout en intégrant une due diligence raisonnable des membres et des validateurs qui est inhérente à un système avec autorisation.” 

Derrière ce projet, il y a toute une équipe montée en mai 2018, avec à sa tête le Français David Marcus, ancien vice-président de Messenger et ex-président de PayPal (2012-2014). Ce bon connaisseur du secteur des paiements a fait partie du conseil d’administration de la plateforme d’échanges de cryptomonnaies américaine Coinbase. Il a quitté cette fonction pour des raisons de conflits d’intérêt. Selon nos informations, corroborées par CNBC, ils sont à ce jour 100 personnes à travailler sur le projet. 

L’association Libra 

Pour gérer le diem, Facebook a opté pour une association basée en Suisse. Une façon de montrer que le géant américain n’aura pas le contrôle total de la crypto puisqu’il est un membre parmi d’autres. Le réseau social a signé des partenariats avec des entreprises et associations qui ont chacune investi au moins 10 millions de dollars dans le projet.  Iliad est le seul français à faire partie de cette short list. Cet investissement leur permet de détenir un nœud de la blockchain, qui sous-tend la crypto-monnaie. Chaque participant peut siéger dans la fondation que Facebook a créé en Suisse pour gérer la crypto.  “Les décisions majeures concernant les politiques ou les choix techniques nécessitent l’obtention de deux tiers des voix, soit la majorité absolue du réseau requise par le protocole de consensus”, indique le white paper. En avril 2020, l’association Libra a demandé une licence de système de paiement en Suisse. “Comme habituellement pour les nouveaux projets et les autorisations de start-up, cette requête n’est pas complète sur tous les points, mais permet cependant de lancer formellement le processus d’autorisation de la FINMA”, indique sur son site le régulateur helvète, l’équivalent de l’AMF en France. La durée de la procédure n’est donc pas définie. 

Les partenaires de Libra 

Voici la liste des partenaires de l’association Libra, qui tend à bouger régulièrement, aux rythmes des entrées et sorties de certains : 

Anchorage (crypto-monnaies)Andreesen Horowitz (société de gestion)Bison Trails (blockchain)Breakthroug Initiatives (recherche)Checkout.com (paiement)Coinbase (crypto-monnaies)Creative Destruction Lab (programme pour start-up)Facebook/Calibra (paiement)Farfetch (e-commerce)Heifer International (ONG)iliad (télécoms)Kiva (prêt) Lyft (mobilités)Mercy Corps (ONG)Paradigm (société de gestion)PayU (paiement) Ribbit Capital (société de gestion) Shopify (ecommerce)Slow Ventures (société de gestion)Spotify (divertissement)Tagomi (crypto-monnaies)Temasek (fonds souverain)Thrive Capital (société de gestion)Uber (mobilités)Union Square Ventures (société de gestion)Women’s World Banking (ONG)Xapo (crypto-monnaies) 

*Ce lien d’affiliation renvoie vers une plateforme d’échange de cryptomonnaies et permet au JDN d’être rémunéré lors des transactions.

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