Tout le monde a appris à travailler de chez soi. Les entreprises ont expérimenté de nouveaux modes de proximité et la distance qui les sépare physiquement de leurs clients comme de leurs partenaires n’est plus un sujet. Un nouveau modèle est en passe de s’inventer. 

“Human first”

Des barrières sont tombées. Dès le premier confinement, le recours aux visioconférences a réduit la distance entre les gens. Nous nous sommes tous retrouvés dans le même bateau, potentiellement en danger, alors pourquoi s’embarrasser des coutumes de l’ancien monde ? Avec la Covid-19, les relations ont changé entre patrons et collaborateurs, clients et prestataires : la pression des événements nous incitant à sortir de notre simple rôle professionnel. À présent, nous nous tutoyons et nous prenons d’emblée des nouvelles de notre santé. La bienveillance et la compassion sont de mise. Le “human first”, au cœur de nombreux discours d’entreprise, devient une profonde réalité et la notion d’équipe un temps galvaudée, s’en trouve, contre toutes attentes, renforcée. 

Désormais, chacun peut réellement se concentrer sur ses tâches, sans plus avoir à rassurer ses interlocuteurs. Le travail est redevenu ce qu’il est par essence : la production d’une expertise, d’un produit ou d’un service. 

Le travail à distance : de nouvelles pratiques à accompagner dans la durée

Tout le monde se relève les manches, se met derrière son ordinateur et profite d’une meilleure concentration, loin des interruptions inopinées, même si, parfois, les frontières entre vie privée et vie professionnelle s’estompent : espace de travail qui empiète sur l’espace de vie, réunions aux aurores ou tardives… 

Depuis notre salon, nous gagnons toutefois globalement en efficacité et en productivité. Selon la récente étude de l’Institut Sapiens, la productivité des employés travaillant à distance aurait en effet augmenté de 22% pendant les confinements. Nos agendas s’assouplissent et nous réalisons beaucoup plus de choses dans une seule journée, pour peu que nous ne passions pas cette dernière à participer à des réunions à répétition : une tendance fâcheuse que nous observons trop souvent. Ainsi, nous redécouvrons au quotidien les bienfaits du digital et de ses outils. Nous collaborons, nous partageons à tout va. De moins en moins virtuel, le monde digital apparaît de plus en plus investi par le travail, et les organisations doivent mettre en place de bonnes pratiques autour de lui pour permettre à tous d’en profiter dans les meilleures conditions.

Un attachement profond à la liberté individuelle

Au-delà des contraintes sanitaires qui les ont provoqués, ces changements viennent également servir une vertu cardinale à laquelle nous sommes tous très attachés : la liberté individuelle. Le télétravail permet à de nombreux collaborateurs de s’affranchir d’un modèle de production qu’ils jugent dépassé et il y a peu de chance qu’ils reviennent demain à la situation d’hier. De fait, 40% des actifs ayant expérimenté le télétravail déclarent vouloir continuer à télétravailler de manière ponctuelle à l’issue de la crise sanitaire. Des bonnes pratiques vont perdurer, sans que l’on sache encore bien lesquelles. Dans le monde de l’entreprise, il conviendra à chacun de positionner le curseur au bon endroit en fonction de l’endroit où il travaille : au bureau, chez lui, dans un espace de coworking, chez un client, etc. Cette période troublée nous aura au moins prouvé que la présence effective n’est pas toujours nécessaire et il faudra nous poser les bonnes questions : comment, en étant un jour au siège de l’entreprise et un jour ailleurs, je participe néanmoins de façon pérenne à la cohésion d’un groupe ?

Repenser l’expérience collaborateur

Dans la continuité des études sur l’expérience utilisateur communément menées, l’expérience collaborateur est aujourd’hui au cœur des préoccupations de nombreuses entreprises. Avec la nouvelle donne, les sphères privée et professionnelle ont tendance parfois à se confondre. Il faut donc réfléchir de manière plus globale sur le parcours quotidien de chaque collaborateur dont les attentes ont évolué pendant l’épisode Covid. Quand je travaille depuis chez moi, je dois pouvoir bénéficier de facilités : portable mis à disposition et connexion sécurisée. Une contrainte supplémentaire que les entreprises ont dû et, pour la plupart su, prendre à bras le corps lors du  premier confinement. 

Quand je reviendrai quelques jours par semaine au bureau, je serai en droit d’attendre de nouveaux services qui me faciliteront également la vie. Il pourra s’agir, par exemple, de la mise en place d’un hub dédié aux mobilités douces et/ou durables, qui me permettra d’accéder à une flotte de véhicules électriques, du vélo à la voiture. Par ailleurs, demain, 30% des surfaces de bureaux seront inoccupées, il faut donc penser dès maintenant à la meilleure façon de les aménager. On peut aussi imaginer que les entreprises décident de modifier leur structure de travail, passant de grands immeubles tertiaires au cœur des agglomérations à de nouveaux espaces de coworking, plus conviviaux et accessibles, implantés aux portes des grandes villes. Le monde change et, dans une société plus empathique, on veut croire que la qualité de l’expérience collaborateur dans les entreprises sera demain la clé d’une expérience utilisateur elle aussi plus épanouissante.    

 1*sondage OpinionWay-Square Management pour Les Echos.

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