La voiture de fonction est-elle en passe de devenir un avantage en nature désuet ? Pour certains salariés, il est en tout cas de moins en moins attrayant, parce que les trajets bouchonnés en ville sont une perte de temps, ou pour des raisons écologiques. Si la voiture de fonction demeure indispensable pour certaines missions ou certaines géographies, des start-up créées entre 2018 et 2020 comme Tim Sports, Zenride ou Azfalte parient qu’elles pourront convaincre des entreprises de passer plutôt au vélo de fonction. Un nouveau marché est donc en train de naître en France, aidé par une niche fiscale de la loi mobilités. Ce texte voté fin 2019 offre en effet aux entreprises une réduction d’impôt sur les sociétés équivalente à 25% de toutes leurs dépenses en lien avec les vélos de fonction.

Les start-up proposent aux entreprises de financer une partie d’une location longue durée ou d’un contrat de leasing de vélos électriques ou mécaniques pour certains salariés. Ils pourront être utilisés pour des trajets domicile-travail, mais aussi sur le temps libre des salariés. “L’entreprise va payer entre 30 et 50 euros par mois par personne et les salariés paient en général 30% de l’abonnement”, précise Antoine Repussard, cofondateur de Zenride. Les vélos sont assurés contre la casse et le vol et leur entretien est pris en charge.

Entre 30 et 50 euros mensuels par salarié

Les locations durent la plupart du temps au moins 36 mois, soit la durée minimale pour bénéficier de la réduction d’impôts prévue par la loi mobilités. Au-delà de ce délai, le sort du vélo varie selon les acteurs. Zenride propose au salarié de le racheter avec une grosse réduction, Tim Sports l’offre à une association choisie par l’entreprise cliente, et Azfalte le récupère en général pour le revendre (Azfalte propose parfois au salarié ou à l’entreprise de le racheter). Le modèle économique des start-up du secteur consiste à prendre une marge sur la location du vélo par rapport à son prix d’achat chez le constructeur, et éventuellement à nouveau à la fin de la location en le revendant à l’entreprise, au salarié ou à un tiers.

Ce marché n’en est qu’à ses balbutiements, les start-up du secteur n’ayant au mieux que quelques centaines de vélos loués par leurs clients. Au total, le cofondateur de Tim Sports Jérôme Blanc estime que 10 000 vélos de fonctions sont loués en France aujourd’hui. “C’est microscopique, alors qu’il s’agit d’un marché de 2 millions de vélos en Allemagne”.

Course au premier gros contrat

Les acteurs du secteur espèrent en effet répéter le succès rencontré par ce dispositif Outre-Rhin, mais aussi en Belgique ou au Pays-Bas, alors que la France et l’Europe du Sud, moins friandes du vélo, en sont pour l’instant largement restées à l’écart. “Nous estimons qu’il est possible de déployer entre 3 et 400 000 vélos de fonction en France à l’horizon 2024-2025”, ajoute Jean-François Dhinaux. “Si on le chiffre en loyer, cela représente un marché compris entre 800 millions et 1 milliard d’euros”, calcule-t-il. 

Nous n’en sommes pas encore là. Pour l’instant, les start-up tentent de trouver des clients chez lesquels elles pourront déployer des flottes massives et visent donc en priorité les grands groupes. Car il n’y a aujourd’hui aucun leader clair sur le marché. Mais cela pourrait changer très vite : pour s’échapper du peloton, il suffirait que l’une des start-up convainque une seule grande entreprise du CAC 40 de déployer quelques milliers de ces vélos de fonction auprès de ses salariés.

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