Comment créer de la rareté dans un monde digital où tout est accessible ? Grâce aux non-fungible tokens (NFT). Presque inconnus du grand public au début de l’année, ces jetons numériques ont été en effervescence à la fin du premier trimestre 2021. Pour rappel, les NFT reposent sur la technologie blockchain et permettent de certifier la propriété d’un contenu numérique et son authenticité. Ils s’échangent de la même manière qu’une cryptomonnaie, ils peuvent être collectés, achetés et revendus.

Un exemple ? En mars, la vente aux enchères du premier tweet de Jack Dorsey, PDG de Twitter, a montré l’étendue du type de contenus certifiables en atteignant 3 millions de dollars. Puis les ventes se sont succédées, avec des prix parfois astronomiques. L’œuvre de l’artiste Beeple “Everydays : the First 5 000 Days”, représentant une mosaïque d’images géante, a atteint la bagatelle de 69,3 millions de dollars. Sur la seule semaine du 3 mai 2021, la plus flamboyante de ce jeune marché, le volumes de transactions a représenté 176 millions de dollars, selon NonFungible.com. Depuis, le soufflé (la bulle ?) est retombé : la semaine du 31 mai, ce même volume avoisinait à peine les 12 millions de dollars, soit une chute de 93%. A en croire l’évolution des échanges (graph ci-dessous), l’engouement pour ces actifs s’est terminé, avec un emballement sur les deux dernières semaines.

Autre preuve du moindre intérêt pour les non-fungible tokens, la baisse du nombre des portefeuilles numériques de NFT utilisés dans le monde : ils sont passés de 20 323 la semaine du 15 mars à 10 899 la semaine du 31 mai, d’après les estimations de NonFungible.com.

Pourquoi ce désamour ? “C’était la mode : un NFT, utile ou pas, ça valait de l’argent à un moment. Mais la demande a vite été comblée, donc c’est redescendu”, répond Owen Simonin de la chaîne YouTube Hasheur et créateur de JustMining, société d’investissement dans la blockchain. En clair, les NFT ont vu leur prix exploser pour la nouveauté qu’ils incarnaient ; plus qu’un intérêt pour leurs usages, l’attention s’est portée sur leur existence même. Selon le jeune entrepreneur, le montant des opérations était déconnecté des applications réelles de ces technologies.

Une transition vers des NFT plus utiles

Car les NFT ne se limitent pas au marché de l’art, rappelle Manuel Valente, directeur du courtier crypto Coinhouse. Certifier la propriété d’un produit ou l’authenticité d’un document sont deux usages à forte valeur ajoutée. “Par exemple, la marque de luxe Breitling a annoncé que chacune de ses montres serait désormais vendue avec un certificat d’authenticité sous forme de NFT, c’est bien plus fiable que du papier”, illustre le dirigeant. “Petit à petit, on va s’éloigner de l’effet de mode pour se rapprocher de l’utilité. Il faut que des NFT avec de vrais fondements utiles soient créés”, enchaîne Owen Simonin. A l’image d’Internet au début des années 2000, l’éclatement de la bulle des NFT pourrait permettre de développer des modèles économiques plus durables, les acteurs ayant une meilleure connaissance de la technologie.

La start-up Sorare, une des rares entreprises françaises connues dans le monde des NFT, propose de collectionner des cartes de footballeurs sous forme numérique. “Les NFT permettent d’avoir des pouvoirs magiques”, s’émerveille Brian O’Hagan, responsable de l’entreprise. Les cartes peuvent être achetées et vendues dans une logique de collection, mais elles sont aussi utilisables dans plusieurs jeux vidéo. Engagée avec de nombreux clubs de football dans le monde et avec l’équipe de France dans le cadre de l’Euro 2021, l’entreprise pourrait bientôt lever suffisamment de fonds pour atteindre une valorisation de 3,7 milliards de dollars selon Business Insider. Et sans bulle.

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