La crise provoquée par la pandémie a généré des traumatismes dont certains ne se remettront peut-être jamais complètement. Mais, au milieu de cette morosité ambiante, il est à noter un aspect positif qui a été accéléré par la crise : l’adoption du numérique. Des technologies qui auraient pu mettre des années à s’installer dans nos vies ont été adoptées en quelques mois. Le coronavirus a transformé nos rapports à pratiquement tout, y compris aux marchés financiers. Cette révolution technologique en a déclenché une autre, dont les implications sont tout aussi profondes : celle de l’investisseur particulier.

Cette dynamique peut être illustrée par une statistique éloquente : selon une étude de l’Autorité des marchés financiers, 150 000 investisseurs particuliers français ont acheté des actions du SBF 120 pendant le mois de mars 2020. Pour voir une participation aussi élevée des particuliers, il faudrait remonter à la bulle Internet, mais aujourd’hui, le volume du trafic d’informations accessibles par les réseaux numériques donne une image totalement différente de celle d’antan. Pour que cette transformation devienne une réalité, trois grandes tendances ont dû s’aligner : premièrement, un environnement mondial de taux d’intérêt nuls, voire négatifs dans certains cas, qui semble durer dans le temps ; deuxièmement, une meilleure compréhension par l’investisseur particulier de questions telles que l’impact de l’inflation sur la valeur de son épargne ; et, troisièmement, la vitesse de l’adoption des technologies.

Les barrières commencent à tomber autour des marchés financiers. C’est le moment fondateur d’un nouvel environnement : tous les acteurs du marché doivent apprendre à vivre dans cet univers différent, sans frontières. C’est également, comme nous avons pu le constater, la vision d’une multitude de nouveaux acteurs proposant un accès facile à l’investissement pour les particuliers.

Cela se traduit par la possibilité, pour les investisseurs, de prendre le contrôle de leur vie financière. Si l’éducation est essentielle dans tous les domaines de la vie, elle ne l’est pas moins dans le monde des investissements financiers. Il est particulièrement important pour les investisseurs de faire preuve de diligence raisonnable. Les investisseurs doivent étudier leurs options, lire, rechercher, apprendre des expériences d’autres investisseurs et partager les leurs, afin de continuer à alimenter le grand livre collectif de l’investissement, car personne ne peut être un expert sur tous les sujets. Il est essentiel de s’assurer que le profil risque / rendement d’un actif donné correspond à votre propre profil. Pour citer une référence du milieu financier, Warren Buffett : “n’investissez pas dans ce que vous ne comprenez pas”.

La liquidité, le risque et la volatilité sont des facteurs qu’il faut toujours prendre en compte. Les réseaux sociaux interagissent de plus en plus avec les marchés, anticipant ou exacerbant les fluctuations. Lorsque les cours des actions connaissent une hausse fulgurante, il est de bonne pratique de rester prudent. S’il est évident que l’élimination totale du risque est irréaliste et que le plus grand risque est de ne pas en prendre, la principale question est de savoir comment réduire celui-ci et la réponse est la diversification. Ce concept, qui a valu à son auteur Harry Markowitz un prix Nobel, a été inventé en 1952 et est toujours d’actualité. Il peut être illustré par le dicton suivant : “Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier”.

Ensuite, un autre aspect est à prendre en compte : il y a beaucoup de buzz autour de certains secteurs qui ont bénéficié de la dynamique actuelle. Cependant les investisseurs doivent être capables de se concentrer sur le long terme, d’en saisir l’intérêt, et non pas simplement essayer de surfer sur les vagues à court terme. Enfin, il a été prouvé de manière constante que tenter de faire du market timing conduit trop souvent à des résultats désastreux.

D’autre part, comme nous l’avons dit au début, nous sommes dans un environnement complètement différent de celui de la fin du 20e siècle et du début de la période actuelle. A l’époque des dotcoms, les marchés étaient plus locaux et plus fermés mais aujourd’hui, le monde est beaucoup plus interconnecté et de nombreuses personnes s’intéressent aux actifs ou aux titres cotés. En bref, les investisseurs sont davantage connectés et informés ce qui est positif et utile pour l’investissement.

Ce qui est nouveau suscite souvent des doutes chez beaucoup, mais des nouvelles technologies comme la blockchain peuvent réellement contribuer à résoudre certains des maux endémiques. Elles peuvent, par exemple, aider à bancariser une grande partie de la population mondiale qui n’ont aujourd’hui aucun accès au système financier, ce qui limite fortement leurs perspectives d’avenir. La crise sanitaire mondiale a suscité un large consensus sur la nécessité d’introduire une plus grande durabilité dans le système économique mondial, car la crise a exacerbé les déséquilibres sociaux déjà existants.

Nous ne sortons pas juste d’une année extraordinaire, ce serait minimiser ce qui s’est passé. Les conséquences de cette crise seront durables. La conclusion est que le désir de se connecter aux autres est au cœur de l ‘adoption des nouvelles technologies. C’est le point de départ d’un “cercle vertueux” dans lequel l’adoption accrue de la technologie entraînera un développement des compétences, qui à son tour augmentera la confiance de la population envers ces innovations et continuera de booster leur adoption à l’ère de la révolution des investisseurs.

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