Invibes poursuit son histoire d’amour avec la bourse. Côté sur le marché libre d’Euronext depuis 2016, le spécialiste français de la publicité infeed annonce ce 20 avril une nouvelle levée de 5 millions d’euros, réalisée auprès de Generis Capital Partners, NextStage AM et d’autres investisseurs privés. “Ces fonds vont nous permettre d’étendre notre maillage géographique à des régions comme les pays nordiques, les Balkans et la Russie”, explique l’un de ses fondateurs, Nicolas Pollet. Déjà présente dans neuf pays (France, Espagne, Allemagne, Suisse, Royaume-Uni, Italie, Belgique, Pays Bas et Luxembourg), l’adtech veut permettre à ses clients de lancer des campagnes paneuropéennes. “C’est ce scale qui permet à Facebook d’être chaque année encore plus dominant sur le marché du display“, analyse Nicolas Pollet.

Deux de ses clients, Moncler et Blizzard Entertainment, ont déjà lancé des campagnes multi-pays via la plateforme d’Invibes. “On discute avec d’autres annonceurs pour formaliser tout ça via des accords annuels”, complète Nicolas Pollet. La société va toutefois devoir muscler sa force commerciale pour assouvir ses nouvelles ambitions internationales. Entre 5 et 15 business developers par nouveau marché alors qu’une équipe d’une soixantaine de personnes déjà en place àà Bucarest assure, elle, le support et la R&D. Immunisé à la crise du coronavirus, Invibes totalise aujourd’hui plus de 120 collaborateurs pour un chiffre d’affaires consolidé de 11,53 millions d’euros en 2020. “La croissance de notre chiffre d’affaires est de 19% sur l’exercice”, précise Nicolas Pollet. Son ebitda est, lui, resté stable, à 1,384 million d’euros.

“Nous avons toujours voulu tout faire tout seul, de l’adserving au ciblage, en passant par la data et le format. Nous gardons cette logique sur l’ID pour ne dépendre de personne.”

Pour pallier la disparition des cookies tiers, l’adtech a également lancé son Invibes ID Network qui permettra aux annonceurs, par matching d’emails hashés, de continuer à diffuser des publicités ciblées au sein de la plateforme. “On noue des accords avec des brokers ou des sites riches en données loguées pour faire cette passerelle”, commente Nicolas Pollet. Le fondateur d’Invibes ne prévoit en revanche pas d’interopérabilité avec les spécialistes de l’identification comme ID 5 ou les initiatives ouvertes comme Unified ID 2.0. “Nous avons toujours voulu tout faire tout seul, de l’adserving au ciblage, en passant par la data et le format. Nous gardons cette logique pour ne dépendre de personne”, justifie-t-il.

Invibes fait effectivement bande à part dans un marché de la publicité en ligne de plus en plus ouvert. Impossible d’accéder à son inventaire en programmatique via les principaux DSP de la place. “Notre inventaire est accessible uniquement via notre technologie et les formats que nous proposons, du display à la vidéo, sont tous propriétaires”, rappelle Nicolas Pollet. L’adtech profite en revanche de la démocratisation du header bidding pour multiplier les intégrations chez les éditeurs partenaires. 80% de son inventaire est aujourd’hui acheté par ce biais. “Le protocole prebid.js nous a ouvert de nombreuses portes”, confirme Nicolas Pollet. L’adtech refuse néanmoins les intégrations via les wrappers de Google et Amazon. Ici encore, un enjeu d’indépendance. “Nous ne voulons pas dépendre des Gafa pour faire du business.”

Pour continuer à grandir, Invibes ouvre à nouveau la porte à des opérations de croissance externe, comme il l’avait fait en 2019 avec le rachat de ML2grow. “Ce spécialiste de l’IA nous permet aujourd’hui d’améliorer l’efficacité de nos campagnes marketing”, détaille Nicolas Pollet. Le dirigeant réfléchit à d’autres opérations qui lui permettraient d’enrichir sa plateforme et ses bases de données avec de nouvelles briques technologiques. Mais pas que… “Nous pourrions également racheter des sociétés bien installées dans un marché cible, comme nous l’avons fait en Suisse.” Invibes y avait mis la main sur le spécialiste local du native advertising, Dreicom.

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