Un peu d’actions par ci, un peu de cryptomonnaies par là. Un peu de private equity à gauche, un peu d’immobilier à droite. Mais surtout, beaucoup de comptes partout. Pour diversifier son portefeuille d’actifs, il faut souvent passer par différentes plateformes spécialisées, ce qui multiplie mécaniquement le nombre d’identifiants et mots de passe pour accéder à ces services. En s’éparpillant, il est aussi difficile d’avoir une vision claire et globale de son patrimoine. La plupart des agrégateurs historiques comme Bankin’ et Linxo se focalisent sur les comptes courants et quelques comptes d’épargne tandis que d’autres intègrent des comptes plus “atypiques” mais restent limités. “Les solutions existantes ont plusieurs problèmes : elles sont très old school d’un point de vue technologique, ont beaucoup de process manuels et les conseils sont très standardisés et biaisés car leur modèle de rémunération est axé sur des rétrocessions”, indique Mounir Laggoune, cofondateur et CEO de Finary, plateforme qui agrège l’ensemble d’un patrimoine.

Lancée en mars dernier, Finary permet d’ajouter ses comptes de courtage en ligne, d’assurance-vie, ses investissements en immobilier, dans des start-up, mais aussi ses comptes sur les sites de crowdfunding, ses investissements dans les métaux précieux, ou plus exotiques, les cryptomonnaies et les montres de luxe. Au total, plus de 10 000 plateformes sont connectées à Finary, soit via la plateforme d’open banking Budget Insight soit par la start-up elle-même. Le tout en temps réel. Du moins quand les API qui permettent de se connecter aux comptes bancaires fonctionnent… “Nous calculons la performance d’un portefeuille au quotidien puisque nous pouvons voir les plus ou moins-value latentes instantanément”, explique Mounir Laggoune. Petit bonus : Finary calcule les plus-values sur les transactions pour faciliter la déclaration d’impôts (la saison de déclaration d’impôts 2021 vient d’ailleurs d’être lancée !).

Du néophyte à l’investisseur sophistiqué

La toute jeune fintech s’adresse aux investisseurs qui n’ont pas assez de patrimoine pour frapper à la porte des banques privées (c’est-à-dire quelques millions d’euros de côté). Qu’ils aient quelques milliers d’euros ou plusieurs centaines de milliers d’euros dans leur portefeuille, qu’ils soient de fins connaisseurs des marchés financiers ou de simples néophytes. C’est pour attirer les débutants que Finary propose une formule gratuite et une newsletter sur les finances personnelles.

Au total, plus de 10 000 plateformes sont connectées à Finary

Et depuis avril, la jeune pousse a sorti une version premium qui cible davantage les investisseurs plus sophistiqués. Baptisée Finary Plus, elle comprend des fonctionnalités supplémentaires comme le calcul des frais sur différentes enveloppes ou la connexion à un ledger par exemple. Pour le lancement, l’offre s’élève à 8 euros par mois (ou 80 euros par an) puis passera le 6 mai prochain à 12 euros par mois (ou 120 euros par an). Cet abonnement constitue pour l’instant sa seule source de revenus car la start-up assure ne pas vendre les données de ses utilisateurs. Il faut donc une bonne masse d’utilisateurs pour être rentables. Ou alors, comme beaucoup de start-up, sortir une offre BtoB, ici pour les banques privées, ce que Finary n’exclut pas dans le futur.

A ce jour, “plusieurs milliers” d’investisseurs ont adopté la plateforme, qui agrège plus de 1,5 milliard d’euros. Et ce, sans marketing ni publicité. Finary bénéfice, comme beaucoup de start-up, de ses connexions dans la tech française. Une partie de l’équipe est issue de Captain Train (revendu à Trainline) et de Recast AI (revendu à SAP). “Notre utilisateur moyen travaille dans la tech, a fait un premier exit, a des problématiques patrimoniales et veut réaliser des investissements performants”, indique Mounir Laggoune, en précisant que sa base d’utilisateurs compte aussi des chefs d’entreprises de TPE-PME et des professions libérales. Pour sortir du public “French Tech”, Finary compte opter pour la même stratégie que Captain Train. “Faire un produit que les gens aiment utiliser. Après, on compte sur l’effet de bouche à oreille très fort puisque la typologie de clients qu’on vise fonctionne beaucoup en réseau”, estime le CEO.

Proposer aussi des produits d’investissement

Pour garder et attirer de nouveaux utilisateurs de tout horizon, Finary a plein de projets dans les cartons comme celui de l’automatisation. “Il y a encore des process qu’il faut faire manuellement comme dans l’immobilier. Nous cherchons par exemple à valoriser automatiquement ce patrimoine dans le temps. Pareil pour les métaux précieux”, illustre Mounir Laggoune. Une application sortira dans les mois à venir ainsi qu’une sorte d’académie qui permettra de se former aux bases de la finance.

Comme les agrégateurs de comptes historiques, Finary cherche à devenir un coach financier qui analysera un patrimoine et fera des recommandations pour mieux investir et trouver des alternatives moins coûteuses. “Si vous allez chez Rothschild, ils vont faire votre inventaire et vont calquer vos objectifs dessus. Nous ferons pareil en ligne et en temps réel”, illustre Mounir Laggoune, qui aura tout de même des conseillers humains. Pour ce faire, la fintech a fait une demande d’agrément de conseiller en investissement financier (CIF).

Après ce coach, Finary permettra aussi à ses clients d’investir directement via sa plateforme. “Nous ne voulons pas commercialiser des produits traditionnels. Nous travaillons sur un produit très performant avec peu ou aucun frais”, glisse le dirigeant, sans en dire plus. La start-up prélèvera une commission pas encore définie, mais le dirigeant précise : “nous serons transparents sur la rémunération.” Côté internationalisation, Finary espère déployer rapidement sa solution au niveau européen mais aussi aux Etats-Unis (elle est accélérée par Y Combinator). Pour exécuter ces plans, Finary compte lever des fonds. Par-ci, par-là.

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