Spécialiste canadien du Capital as a Service (CaaS), Clearbanc annonce une levée, de série C, de 350 millions de dollars, dont 100 millions glanés auprès VC et 250 millions en dette. Suite à un premier méga financement de 500 millions de dollars bouclé sur le même modèle mi-2019, elle porte la valorisation de l’entreprise de Toronto à près de 2 milliards de dollars. La société est rebaptisée pour l’occasion Clearco. Côté capital-risque, le tour de table, qui porte le montant total levé en actions à 170 millions, est mené par Oak HC/FT. Le fonds rejoint pour l’occasion le comité de direction de l’entreprise, où il sera représenté par sa cofondatrice Annie Lamont. Quant à la dette, elle a été contractée auprès de Credigy, une filiale d’investissement de la Banque nationale du Canada.

Historiquement, Clearco propose une offre de prêt à destination de l’e-commerce. “Nous prêtons par exemple 100 000 dollars, puis nous prenons 5% du chiffre d’affaires jusqu’à nous rembourser en prenant un taux fixe de 6%”, explique sa présidente et cofondatrice Michele Romanow. L’avantage ? Il n’est pas nécessaire de faire valoir une courbe de croissance exponentielle comme dans le capital-risque traditionnel. Du coup, Clearco balaie large, de structures de 100 000 à plusieurs dizaines de millions de dollars de revenus. Depuis sa création, la compagnie a investi dans pas moins de 4 500 entreprises basées au Canada, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Le tout pour un total de 2 milliards de dollars, dont 1,6 milliard versé uniquement sur 2019 et 2020.

Les biais humains au placard

Pour identifier les sociétés éligibles à son service, Clearco a bâti une plateforme d’IA. A partir des données collectées sur les systèmes d’information des start-up, il en déduit la performance des revenus, le retour sur les dépenses publicitaires et le coût d’acquisition client. Enrichis d’informations publiques sur les levées réalisées dans l’e-commerce, ses algorithmes de classification estiment la position de marché et la valorisation de l’activité. Ces indicateurs sont mis à jour chaque semaine. De quoi éviter les biais des analystes humains. “80% du capital-risque classique aux Etats-Unis s’oriente vers la Californie, le Massachusetts, New York et le Texas (dixit PwC et CB Insights, ndlr). Chez Clearco, cette part se limite à 45%”, souligne Michele Romanow. De même en matière d’équilibre homme-femme. Alors que l’investissement en capital-risque en faveur des fondatrices américaines a fondu de 27% en 2020 d’après Crunchbase, Clearco affirme de son côté avoir financé sur la période huit fois plus d’entreprises dirigées par des femmes que les acteurs traditionnels.

“Le changement (de notre marque, ndlr) de Clearbanc à Clearco illustre l’évolution de notre positionnement”, poursuit Michele Romanow. “Nous commercialisons désormais une suite de produits capitalisant sur notre IA pour épauler les créateurs, du financement au pilotage stratégique.” Au premier rang de ces produits figure évidemment le service historique de Clearco : ClearCapital. Grâce à la réactivité du machine learning, il permet aux e-commerçants d’accéder à un prêt de 10 000 à 10 millions de dollars en quelques minutes. Via la solution ClearInventory Capital, il est décliné pour les éditeurs d’applications en mode SaaS et leur modèle de chiffre d’affaires récurrent à base d’abonnements mensuels et / ou annuels. Ensuite vient ClearInventory qui, lui, est centré sur le financement des campagnes marketing en ligne. Via ce dispositif, Clearco propose d’acquérir l’inventaire publicitaire dont le client a besoin, ce dernier le remboursant, avec là-encore un taux fixe de 6%, après avoir réalisé ses ventes.

“Nous nous sommes lancés en Grande-Bretagne, et nous allons nous déployer sur le reste de l’Europe”

Côté management stratégique, Clearco avance deux autres solutions. Baptisée ClearValuation, la première s’adosse au même moteur d’IA pour fournir aux créateurs d’entreprise une évaluation de leur activité ainsi que des recommandations pour accroître sa valorisation. “Ils peuvent visualiser l’état de leur business comparé au secteur. Ils ne naviguent plus à l’aveugle”, argue Michele Romanow. ClearValuation ouvre également accès à l’écosystème développé par Clearco. Un réseau qui compte évidemment des banques dont la Silicon Valley Bank. Mais aussi des fonds, parmi lesquels Bessemer Venture Partners, Founders Fund ou encore Inovia Capital. Proposé gratuitement, ClearValuation est un moyen pour Clearco d’alimenter sa base de connaissances en pépites potentiellement transformables en clients. A date, 20 000 sont connectées à sa plateforme. Pour finir, le Canadien a conçu une offre, appelée ClearAngel, ciblant tout spécialement les start-up en phase d’amorçage enregistrant un plancher de 2 000 dollars de revenu mensuel. Elle donne aussi bien accès à des financements via du revenu sharing qu’à des outils d’évaluation et de conseils augmentés par l’IA.

La France dans le viseur

“En nous basant sur nos tonnes de données, nous fournissons par exemple des métriques pour comparer vos statistiques publicitaires avec celles de vos concurrents, puis sur cette base notre IA définit des pistes pour améliorer ces indicateurs. Nous aiguillons par ailleurs vers des agences et des logiciels pour aider à stimuler les courbes de croissance en cohérence avec le positionnement business. Le tout avec pour finalité d’optimiser en bout de course la valorisation”, détaille Michele Romanow.

L’objectif premier de la levée de fonds ? Etendre le développement de Clearco à l’international. “Nous nous sommes lancés en Grande Bretagne l’automne dernier, et nous allons désormais nous déployer sur le reste de l’Europe, France incluse”, confie Michele Romanow. Dans l’Hexagone, la société devra composer avec la toute jeune start-up Silvr, fondée à Neuilly-sur-Seine en 2020, qui elle aussi propose de financer les campagnes digitales sous forme de prêts. Aux côtés du Vieux continent, Clearco entend cibler “quelques marchés clés en Asie”. Une IPO est-elle envisageable à moyen terme ? “Pour le moment, nous n’avons pas de calendrier, mais nous sommes attentifs en permanence”, reconnait Michele Romanow. Comptant 270 salariés aujourd’hui, Clearco ambitionne de doubler ses effectifs d’ici la fin de l’année. Sur le plan financier, l’entreprise ambitionne de prêter 2 milliards de dollars sur 2021, soit l’équivalent du montant total des crédits alloués depuis sa création.

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