Un smartphone et une appli. C’est tout ce qu’il faut à la start-up allemande Vialytics pour jauger l’état des routes d’une ville et détecter les dégâts nécessitant une réparation. Elle installe des smartphones sur les véhicules des agents d’entretien de la voirie des collectivités, qui vont prendre automatiquement des séries de photos de toutes les routes qu’ils empruntent lors de leurs patrouilles. Les agents peuvent aussi réaliser des missions dédiées à la cartographie des routes pendant plusieurs semaines. “Les photographies sont ensuite envoyées à un algorithme d’intelligence artificielle qui détecte les différents types de dommages et attribue un score d’état de la route via un code couleur rouge, orange ou vert”, explique Francesco Papa, directeur de la croissance de Vialytics en France. Le tout est ensuite versé sur une plateforme numérique qui permet aux collectivités d’accéder à une vue d’ensemble de leurs routes sur une carte, d’optimiser et planifier les opérations de maintenance. 

Vialytics se dit capable de détecter une dizaine de défauts comme les fissures, nids de poule, affaissements et ornières, mais aussi les trous rebouchés. La start-up assiste ainsi les villes dans une obligation réglementaire : elles doivent réaliser au moins un diagnostic de l’état de leurs routes par mandature (six ans) et le font en moyenne tous les deux ans. “Si on s’occupe bien des infrastructures en prévenant les problèmes, on peut cibler à temps de petites avaries, plutôt que remplacer un énorme tronçon, ce qui va coûter bien plus cher”, argumente Francesco Papa. Selon lui, il est possible de réduire jusqu’à 70% des coûts d’entretien des routes en réagissant à temps lorsque les premiers dégâts sont détectés. La solution de Vialytics permet de réaliser deux diagnostics par an, en général un après l’été et un après l’hiver (les moments où les routes sont le plus susceptibles de s’endommager), et donc de détecter plus rapidement les problèmes.

Abonnement au kilomètre

La start-up allemande, qui compte une cinquantaine de salariés, a joui pendant plusieurs années d’un monopole sur son marché d’origine, qui lui a permis de se constituer un solide portefeuille de clients depuis sa création en 2018. Elle revendique 120 villes clientes sous contrats pérennes en Allemagne, et environ le double si l’on ajoute les expérimentations. Vialytics s’est rapidement développée en Suisse et en Autriche, qui constituent avec l’Allemagne son cœur de marché. La start-up commence à présent à courtiser la France, où elle a ouvert un bureau début 2021 avec une poignée d’employés. Elle a réalisé des pilotes et signé des contrats sous le seuil des appels d’offres avec une dizaine de villes comme Bordeaux, Paris ou La Rochelle, ainsi que la métropole Grand Paris Seine-Ouest, et se positionne sur les nombreux appels d’offres qui seront organisés sur le sujet en France par les nouvelles équipes municipales. Son modèle économique repose sur un abonnement annuel facturé selon la taille totale du réseau routier d’une ville.

Quitte à installer des smartphones dans les véhicules municipaux, pourquoi s’en tenir à l’état de la voirie ? Vialytics réfléchit à des adaptations de sa technologie à d’autres types de données dont les villes sont friandes. “Nous avons une roadmap dans cette perspective en fonction des retours de nos clients”, détaille Francesco Papa. “L’un des sujets qui revient le plus souvent est de réaliser le même type de diagnostics à vélo pour les pistes cyclables.” Alors que de nombreuses coronapistes temporaires ont été pérennisées par les collectivités françaises, c’est un vaste marché supplémentaire qui s’ouvre pour Vialytics.

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